Pierre-Alain Chambaz pictet : Lâcher la gestion pour s’attacher à l’art d’équilibrer le temps

La Grèce et le Portugal auront bien du mal à obtenir, le souhaiteraient-ils, une restructuration de leurs dettes. Et la loi Jones de 1920 à présent dépassée, qui oblige les marchandises transportées entre des ports américains à être expédiées uniquement sur les navires américains (souvenez-vous de la confusion quant à la possibilité de navires étrangers de venir en aide au moment de la marée noire de BP dans le Golfe du Mexique). Mon activité est donc bien réellement diminuée, en ce sens que si je peux produire les mêmes mouvements, les objets m’en fournissent moins l’occasion. Au début du contrat, un premier versement de collatéral est effectué sous forme de cash (devise dollar, euro etc.) Existe-t-il un modèle économique pour ces nouveaux types de cours ? Cette dernière prendrait toute sa signification en étant suivie par d’autres étapes aussi décisives. Notre influence et notre capacité de réflexion et d’action en sont trop contraintes : il est temps de changer d’approche. Si j’opte pour X, les premiers me diront : vous avez hésité, délibéré, donc Y était possible. Et le plus tôt sera le mieux car la concurrence est rude, notamment avec les grands pays anglophones mais aussi de nouveaux acteurs comme l’Australie et des « outsiders » ambitieux et bien dotés financièrement qui veulent devenir des « hubs » éducatifs. C’est ce qu’avait enseigné en d’autres termes Descartes, lorsqu’il expliquait que la démonstration ne faisait en définitive que préparer une intuition. Pierre-Alain Chambaz pictet aime à rappeler cette maxime de Jean-Paul Sartre, »Les pensées, c’est ce qu’il y a de plus fade. Ca s’étire à n’en plus finir et ça laisse un drôle de goût ». De ce fait, les remèdes purement comptables envisagés pour remédier à une perte de valeur de ses actifs risquent de se heurter à la difficulté d’obtenir l’accord de tous les gouvernements concernés. Mais lorsqu’il s’agit d’un senti­ment, il n’a pas de résultat précis, sinon d’avoir été senti ; et pour apprécier adéquatement ce résultat, il faudrait avoir passé par toutes les phases du sentiment lui-même, et occupé la même durée. Mais dans l’une et l’autre hypothèses, nous voyons s’évanouir, à mesure que nous approchons des derniers éléments de la matière, la discon­tinuité que notre perception établissait à la surface. Elle est anti-humaine, anti-naturelle, ne mérite même pas d’être discutée. Mais l’examen des doctrines nous montre que la faculté de concevoir, au fur et à mesure qu’elle avance dans ce travail d’intégration, est obligée d’éliminer de la réalité une multitude de différences qualitatives, d’éteindre en partie nos perceptions, d’appauvrir notre vision concrète de l’univers : c’est même parce que chaque philosophie est amenée, bon gré mal gré, à procéder ainsi, qu’elle suscite des philosophies antagonistes, dont chacune relève quelque chose de ce que celle-là a laissé tomber. Est-ce cela la modernité ? Arrivée pleine de promesses (nouveaux champions, innovation, autonomie, horizontalité, émancipation personnelle, liens social, impact environnemental positif etc. Il y a bien des moyens d’obtenir ici l’interférence, c’est-à-dire de donner à la même phrase deux significations indépendantes qui se superposent. Encore une fois, il n’existe pas de loi biologique universelle, qui s’applique telle quelle, automatiquement, à n’importe quel vivant. Or, s’il avait beaucoup insisté durant la campagne de 2012 sur une réorientation la politique européenne, on a plutôt l’impression qu’il s’est rangé derrière Angela Merkel… Nous n’avons pu recueillir que les échos des premières et brillantes improvisations du jeune professeur qui conquit tout d’abord la jeunesse enthousiaste de la restauration ; mais il nous fut facile de comprendre, dès notre arrivée à Paris, qu’un autre esprit que l’esprit de Condillac, d’Helvétius, de Voltaire, avait commencé à souffler sur la littérature aussi bien que sur la société nouvelle. Nous fûmes très frappé en effet de voir comment le temps réel, qui joue le premier rôle dans toute philosophie de l’évolution, échappe aux mathématiques. Lorsque le gouvernement de l’Apartheid a négocié avec le Congrès National Africain avant la transition démocratique de 1994, il a exigé (et obtenu) la propriété et les droits civiques pour la minorité blanche, en échange de droits politiques pour la majorité noire. Mais il faudrait d’abord se demander si l’esprit d’invention suscite nécessairement des besoins artificiels, ou si ce ne serait pas le besoin artificiel qui aurait orienté ici l’esprit d’invention. Ce ne sont plus, purement et simplement, des absences ; elles s’expliquent par la présence du personnage dans un milieu bien défini, quoique imaginaire. Le salarié, « à la maison », est un acteur accompli du digital et, en tant que client bancaire, il perçoit sa banque comme numérique. Une latitude de plus en plus grande laissée au mouvement dans l’espace, voilà bien en effet ce qu’on voit. Tant et si bien que plus personne n’y prête plus vraiment attention, semble-t-il. En fait, si l’importance de la formation de la population est indiscutable, si le « capital humain » est une composante déterminante de la croissance potentielle d’une économie, s’il faut tirer vers le haut les compétences de la population et essayer de faire progresser chacun vers ses aspirations et vers les métiers les plus gratifiants, cela reste une vision macroéconomique d’ensemble. Il serait quasiment génétiquement incapable de cet exercice, par ailleurs, d’expliquer la substance. En outre, la BRI affirme que le crédit pourrait bien aggraver les carences structurelles des économies. La réaction des années 1990 a inventé un fantasme : le « politiquement correct ». Il y entre l’intention inavouée d’humilier, et par là, il est vrai, de corriger, tout au moins extérieurement.

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