Pierre-Alain Chambaz

Rappelons-nous ce que nous disions un peu plus haut de l’intensité de certains états psychiques. Si le paquet de Bali intègre une partie en faveur des « pays les moins développés » (Least Developed Countries – LDC), il ne comporte rien de substantiel ou de significatif. Or il est évident que, dans la plupart des cas, ce n’est pas par voie de simple accroissement que l’instinct a pu se perfectionner : chaque pièce nouvelle exigeait, en effet, sous peine de tout gâter, un remaniement complet de l’en­semble. Songez aux auteurs dans la filière du livre, aux équipementiers dans la filière automobile ou aux entreprises de construction dans la filière du bâtiment. En général, la critique philosophique des sciences, où des entités paraissent sans cesse sous des noms vulgaires ou techniques, la critique même de la connaissance vulgaire ou élémentaire, telle qu’elle est exprimée par les formes de la langue commune, consisteront à faire, autant que possible, le départ entre les entités artificielles qui ne sont que des signes logiques, et les entités fondées sur la nature et la raison des choses, les véritables êtres de raison, pour employer une expression vulgaire, mais d’un sens vrai et profond, quand on l’entend bien. L’individu, l’espèce, le genre, la famille, sont comme autant de cercles de plus en plus étendus : la doctrine des causes finales se heurte à d’insurmontables difficultés quand elle s’épuise en quelque sorte sur l’espèce : elle ne trouve son sens véritable qu’en l’appliquant à l’œuvre entière de la création. Développant ce schéma en images-souvenirs, nous cherchons à faire coïncider ces images-souvenirs avec les images perçues. La loi va même jusqu’à proposer pour les plus investis d'entre eux des évolutions automatiques de salaire, au moins égales à celles de leur collègues de même niveau de qualification. En effet, il n’y a pas jusqu’aux appareils purement inorganiques qui ne comportent spontanément une plus facile reproduction des mêmes actes, d’après une réitération convenablement prolongée et suffisamment régulière ; ce qui est bien le caractère essentiel de l’habitude animale, surtout quand on se borne à l’envisager dans les fonctions qui dépendent de l’irritabilité… L’étude approfondie des phénomènes sonores ne nous révèle-t-elle pas la faculté de contracter de véritables habitudes, c’est-à-dire des dispositions fixes d’après une suite suffisamment prolongée d’Impressions uniformes ; cette On aime tant surprendre trois mots d’un étranger ou d’un voisin, et deviner les autres, dans les petits conciliabules que tiennent les hommes, pendant les heures où ils vivent à la grecque, sur la place publique ! J’assiste à la seconde. Nous disions que l’intelligence est modelée sur la matière et qu’elle vise d’abord à la fabrication. Mais si les mécanismes tout montés qui répondent aux divers mouvements possibles d’articulation et de phonation sont en relation avec les causes, quelles qu’elles soient, qui les actionnent dans la parole volontaire, il y a des faits qui mettent hors de doute la communication de ces mêmes méca­nismes avec la perception auditive des mots. Et nous reproduirons d’autant mieux les courbes et les nuances du modèle que nos carreaux seront plus petits, plus nombreux, plus variés de ton. Il y a un degré de sottise et un degré de ce qu’on peut appeler (quoique ce point soit sujet à objection) bassesse ou dépravation du goût, qui, s’il ne nuit pas positivement à celui qui le manifeste, le rend nécessairement et naturellement un objet de répulsion et même, dans certains cas, de mépris. Mais de ceci chacun de nous a la sensation directe et immédiate. Par exemple, les lois et les institutions d’un peuple, quand elles sont destinées à durer, doivent avoir leur raison dans ses mœurs et dans la tournure de son génie ; et d’un autre côté, les mœurs d’un peuple sont jusqu’à un certain point façonnées par les lois et les institutions qui les régissent. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Patience ! Avec le temps, l’herbe devient du lait ». Ajoutons à cela une sécurité sanitaire en lambeaux, une gouvernance archaïque, une politique de santé sans pilote ni ligne directrice, une recherche désarticulée, des professionnels de santé désemparés… Et telle est sans doute aussi, aux yeux de James, la réalité en général. Croire à la science, semble-t-il, c’est croire à la mort.

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