Pierre-Alain Chambaz

La nature a placé la sensibilité à l’extrémité de nos nerfs, à toutes les avenues du cœur et de l’intelligence, comme une sentinelle avancée, pour nous avertir quand il y a défaut, quand il y a excès de satisfaction. On perd ainsi à se quereller sur l’éducation un temps et une peine qui devraient être employés à donner cette éducation. Pour tous les peuples de l’Europe méridionale, un clergé marié est non-seulement irréligieux mais impudique, indécent, grossier, dégoûtant. Faire en sorte que notre déclin manifeste se transforme en coup d’avance dans la course poursuite numérique dans laquelle est engagée l’Europe. Si le mouvement n’est pas tout, il n’est rien ; et si nous avons d’abord posé que l’immobilité peut être une réalité, le mouvement glissera entre nos doigts quand nous croirons le tenir. La réponse des auteurs est celle du leadership. Cette distorsion a amené la victoire du parti en janvier. Est-il bien certain qu’aucun penseur, quelque génie qu’on lui suppose, quelque autorité qu’on lui donne, puisse imaginer et faire prévaloir une organisation supérieure à celle dont je viens d’esquisser quelques résultats ? Tout changement réel est un changement indivisible. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois  » Les paroles sont vides, le pinceau laisse des traces ». C’est en partie parce que les arbres ne peuvent pas croître jusqu’au ciel : l’économie de la Chine ne pouvait pas continuer à grandir de 10% chaque année. C’est l’esprit révolutionnaire : il lutte sans cesse contre l’esprit d’autorité au sein des sociétés ; il luttera aussi contre l’autorité au sein de la conscience. On pourra bien encore admettre une supériorité de l’ordre de la raison sur celui de la sensibilité et de la nature, mais non un retentissement possible de ces deux ordres l’un dans l’autre, retentissement qui est tout a posteriori. ’Mais, comme vous le voyez, il s’agissait de ‘fuir’. Mais sa morale se réduit encore comme il a prouvé que s’y réduit la métaphysique de l’imagination, à une forme vide de contenu, une loi de « devoir » sans justification et sans applications déterminables. Que l’un évoque l’au-delà des frontières, c’est pour mieux vendre sa « démondialisation » sans concept. On écrivait Comment les dogmes finissent avec une parfaite sécurité. Suivant Kozlov, les matériaux de la construction de ce concept sont donnés immédiatement dans la conscience. Mais, sur les plans inférieurs, ces souvenirs attendaient, en quelque sorte, l’image dominante à laquelle ils pussent s’adosser. Le sentiment confus de semblables probabilités existe chez tous les hommes raisonnables ; il détermine alors ou du moins il justifie les croyances inébranlables qu’on appelle de sens commun. Vous fermez les yeux, comme je le disais, à la réalité vraie. Le rapport sur « les risques globaux » publié par le WEF le 15 janvier avertissait déjà : selon l’étude, dans un monde aussi instable, les guerres constituent le risque le plus probable, devant les catastrophes climatiques, les crises gouvernementales et le chômage structurel élevé. Il faut dire que le Canada est gâté par la nature et peut proposer des spectacles rares. Ont-elles au contraire une valeur représentative, objective ; et dans ce cas que représentent-elles ? S’ils avaient voulu ! J’arrive alors au second point, qui est d’ailleurs très voisin du premier, et où nous ne ferons que retrouver, sous un nouvel aspect, la même vérité. Il y a des changements, mais il n’y a pas de choses qui changent : le changement n’a pas besoin d’un support. Que faut-il alors penser du consensus haussier sur les actions européennes alors que l’ensemble des signaux de marchés le contredisent ? Autrement dit, en faisant en permanence le lien entre les déséquilibres internes des pays ou des grandes régions économique et leurs déséquilibres externes. Ces trois énergies constitutives se retrouvent à des degrés différens dans tous les ordres de la création ; elles changent seulement de nom, suivant les conditions dans lesquelles elles nous apparaissent.

Share This: