Une leçon à apprendre vite

Le désastre grec en dit long : le malade qu’on dit vouloir guérir se demande si le médicament n’est pas mortel.La lésion porte-t-elle bien, comme nous le disions, sur les mécanis­mes sensori-moteurs de l’attention automatique dans le premier cas, sur les mécanismes imaginatifs de l’attention volontaire dans l’autre ?Mais si le moi, arrivé au point O, est déjà déterminé dans un sens, l’autre voie a beau demeurer ouverte, il ne saurait la prendre.Tandis que le Savant, astreint à prendre sur le mouvement des vues immobiles et à cueillir des répétitions le long de ce qui ne se répète pas, attentif aussi à diviser commodément la réalité sur les plans successifs où elle est déployée afin de la soumettre à l’action de l’homme, est obligé de ruser avec la nature, d’adopter vis-à-vis d’elle une attitude de défiance et de lutte, le philosophe la traite en camarade.Ils ont choisi d’ignorer que la recherche n’obéit pas aux cycles politiques ; que l’investissement en R&D doit être soutenu dans la longue durée car la science s’apparente à une course de fond ; que certains de ses fruits peuvent être cueillis maintenant mais que d’autres pourront nécessiter plusieurs générations pour arriver à maturation ; que si nous ne semons pas aujourd’hui, nos enfants n’auront pas les moyens d’affronter les difficultés de demain.C’est ce qu’oubliait mon interlocuteur quand il me questionnait sur le théâtre de demain.S’ensuivra-t-il qu’il se renfermera en lui-môme et se suffira, comme se suffisait le sage stoïcien ?Mais pour diviser ainsi le réel, nous devons nous persuader d’abord que le réel est arbitrairement divisible.Mais lais­sons de côté ces subtilités.« Les guerres du siècle dernier, les crises économiques ont secoué les esprits, explique Jean-Thomas Trojani .Si la mort ne tue pas, elle délivre : elle ne peut pas jeter les âmes dans l’indifférence ou l’impuissance ; il devrait donc y avoir, suivant l’antique croyance, des esprits répandus partout, actifs, puissants, providentiels.Parfois nos décideurs vont très loin pour prévenir des risques qui angoissent une partie de la population, comme dans le cas de la vache folle, des vaccins contre la grippe A (H1N1) ou des antennes relais.Mais nous n’avons pas le droit de nous arrêter là.

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