Pierre-Alain Chambaz pictet : Retraite , où sont les jeunes ?

Elle les voit alors plus comme des tremplins pour s’élancer que des obstacles infranchissables. Certes, si nous fermons les yeux à l’indivisibilité du changement, au fait que notre plus lointain passé adhère à notre présent et constitue, avec lui, un seul et même changement ininterrompu, il nous semble que le passé soit ordinairement de l’aboli et que la conservation du passé ait quelque chose d’extraordinaire : nous nous croyons alors obligés d’imaginer un appareil dont la fonction serait d’enregistrer les parties du passé suscep­tibles de reparaître à la conscience. Ce qui paraît lésé, ce sont donc les diverses régions sensorielles et motrices ou, plus souvent encore, les annexes qui permettent de les actionner de l’intérieur même de l’écorce, bien plutôt que les souvenirs eux-mêmes. Mais comment cette attention indéterminée, extérieure à l’intelligence, vide de matière, pourrait-elle, par le seul fait de se joindre à l’intelligence, en faire surgir ce qui n’y était pas ? Mais admettons que le choix soit tout indiqué, imposé même par l’expérience : la loi n’en restera pas moins une relation, et une relation consiste essentiellement en une comparaison ; elle n’a de réalité objective que pour une intelligence qui se représente en même temps plusieurs termes. A vrai dire, ce « substrat » n’est pas une réalité ; c’est, pour notre conscience, un simple signe destiné à lui rappeler sans cesse le caractère artificiel de l’opération par laquelle l’attention juxtapose un état à un état, là où il y a une continuité qui se déroule. J’ai fait une action dont j’ai honte ; aurais-je pu, par un effort de volonté, résister à la tentation et agir d’autre façon ? Ce petit fait se grava dans sa mémoire pour n’en plus sortir. Promouvoir nos produits, valoriser nos compétences, accompagner les repreneurs, accepter l’entreprise telle qu’elle est réellement c’est promouvoir le vrai changement et élargir l’idée de partage. C’est bien possible, et ailleurs qu’en Italie ces choses-là se disent et se voient souvent. Cette schizophrénie gouvernementale est particulièrement caricaturale ces jours-ci. Les nouvelles technologies qui se développent dans les biotechnologies, notre capacité à décrypter le génome humain, la miniaturisation des équipements, la création de nouveaux matériaux, le boom des nanotechnologies rendent dès aujourd’hui possible une médecine à « trace légère » où les médecins et chirurgiens vont se transformer progressivement en ingénieurs et soigneront les malades quasiment sans toucher leur corps. L’ironie de la situation est que c’est également l’Etat qui, aujourd’hui, se lamente et se débat contre les conséquences réelles ou ressenties de ce qu’il a créé : faiblesse des investissements en France et parfois plans sociaux ou délocalisations dont le traumatisme collectif est à l’échelle de ces groupes, impôts français optimisés grâce à une présence globale, pratiques de rémunération des dirigeants alignées sur les références étrangères, actionnariat de moins en moins national, faiblesse endémique du tissu des ETI… Tout ceci était pourtant largement prévisible. La grosse question est de savoir pourquoi nous sommes obligés dans des cas où il ne suffit nullement de se laisser aller pour faire son devoir. Pierre-Alain Chambaz pictet aime à rappeler ce proverbe chinois » Un général chevronné en vaut deux ». Elles eurent vite fait d’élever la voix et de rendre la conversation plus animée et plus parfaitement futile. La croissance du PIB réel a d’ailleurs été quasi-nulle pour 2013, dans le meilleur des cas, tout comme en 2012 et cela, malgré les (ou à cause des) efforts consentis par les Etats pour consolider fiscalement (et simultanément) leurs comptes publics. Une forme de sécurité sociale, économique et physique, et une trajectoire ascendante, en somme.

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