Pierre-Alain Chambaz pictet : Quand l’élite participe activement à la crise

Imaginons maintenant que les pays européens se soient contentés d’une stricte neutralité budgétaire dès le début de 2011. Plus rien de cet objet, sans aucun doute, mais un autre objet a pris sa place : il n’y a pas de vide absolu dans la nature. Notre pays a toutes les cartes en main. L’administration et les associations para-gouvernementales répondent point par point aux revendications des opposants et s’approprient leurs demandes au point que l’on a parfois le sentiment que les manifestants leur dictent leur agenda. Et pour gagner une part de leur attention et maintenir notre part d’audience dans la compétition globale, il faut sans cesse réinventer notre propre série. On saisit une métaphore, une phrase, un raisonnement, et on les retourne contre celui qui les fait ou qui pourrait les faire, de manière qu’il ait dit ce qu’il ne voulait pas dire et qu’il vienne lui-même, en quelque sorte, se faire prendre au piège du langage. En lisant ce qui précède, beaucoup de personnes sont portées à me dire : Vous enfoncez une porte ouverte ; qui a jamais songé à contester sérieusement la supériorité de l’échange sur l’isolement ? L’interculturalité passera par une voix, et une voie, univoque : c’est l’Universel. Nous n’avons échangé que des balles de tennis. De ce fait, les sites de ventes privées ne dégagent pas une marge brute assez forte pour couvrir leurs coûts d’acquisition clients, leurs frais marketing, la logistique et les coûts technologiques, d’où leurs difficultés pour atteindre le seuil de rentabilité. Il n’y a qu’une route qui soit ouverte à la France : la route de la Liberté et du Bonheur. Or, la logique du corps n’admet pas les sous-entendus. Mais nous ne nous reposons qu’un instant. L’Etat providence risque de devoir procéder à des choix difficiles. Vous n’oublierez qu’une chose : c’est qu’il est arrivé à bien des femmes de rêver que leur mari était mort ou mourant, alors qu’il se portait fort bien. Dans ce monde-là, on ne parle que de matière, on ne connaît que des forces, on réduit à peu près tous les progrès de la civilisation aux conquêtes de l’industrie. C’est sur cette question de l’égale possibilité, de deux actions ou de deux volitions contraires que nous nous arrêterons d’abord : peut-être recueillerons-nous ainsi quelque indication sur la nature de l’opération par laquelle la volonté choisit. Ceci n’est pas le principe d’après lequel les classes ouvrières sont gouvernées dans tout pays libre, et quiconque estime la liberté à sa juste valeur ne consentira jamais à ce qu’elles soient gouvernées ainsi, à moins qu’on n’ait épuisé tout en vain pour les former à la liberté et les gouverner comme les hommes libres, et qu’on n’ait obtenu la preuve définitive qu’elles ne peuvent être gouvernées que comme des enfants. Pierre-Alain Chambaz pictet aime à rappeler cette maxime de Confucius, »Il est plus difficile de se défendre de l’amertume dans la pauvreté que de l’orgueil dans l’opulence ».

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