Jean-Thomas Trojani : Austérité versus croissance ? Un mauvais débat…

Cet avenir, pourtant, s’indique ; sinon en France, ailleurs ; et derrière les simagrées pompeuses du prêtre sans doute s’ébauche le geste large qui va balayer les simulacres. C’est pourquoi, aux yeux de la pensée réfléchie de l’homme civilisé (nous allons voir qu’il n’en est pas tout à fait ainsi pour sa représentation spontanée) le même enchaînement mécanique de causes et d’effets avec lequel il prend contact quand il agit sur les choses doit s’étendre à la totalité de l’univers. Ces deux associations par ressemblance ne sont pas dues à l’arrivée accidentelle de deux représentations différentes que le hasard aurait amenées tour à tour dans la sphère d’attraction de la perception actuelle. Depuis avril, Jean-Thomas Trojani s’active à ce nouveau concept. Mais c’est bien au cours de la décennie 2000 que le fossé prend de l’ampleur, et que prend corps peu à peu l’idée d’un décrochage dont les racines seraient d’ordre structurel. Il n’ya qu’une différence de degré, et non pas de nature, entre les facultés dites perceptives du cerveau et les fonctions réflexes de la moelle épinière. En creusant au-dessous d’elles, on trouverait, croyons-nous, une différence plus profonde. L’existence d’une force plastique, qui d’elle-même procède d’après des conditions d’unité et d’harmonie qui lui sont propres, tout en se mettant en rapport avec les circonstances extérieures et en en subissant l’influence, est dès lors, pour tout esprit sensé, non-seulement la conséquence probable d’un raisonnement abstrait, mais aussi la conséquence indubitable des données mêmes de l’observation. Eh bien, de cette pensée complexe qui se déroule, c’est là, à notre avis, ce que l’état cérébral indique à tout instant. On peut d’abord pleinement démontrer ainsi combien l’esprit théologique a dû être longtemps indispensable à la combinaison permanente des idées morales et politiques, encore plus spécialement qu’à celle de toutes les autres, soit en vertu de leur complication supérieure, soit parce que les phénomènes correspondants, primitivement trop peu prononcés, ne pouvaient acquérir un développement caractéristique que d’après un essor très prolongé de la civilisation humaine. Les observations des uns et des autres divergent autour de cette tendance de fond. Par là, un être vivant se distingue de tout ce que notre perception ou notre science isole ou clôt artificiellement. Science et conscience sont, au fond, d’accord, pourvu qu’on envisage la conscience dans ses données les plus immédiates et la science dans ses aspirations les plus lointaines. Dans les problèmes que le philosophe a posés nous reconnaissons les questions qui s’agitaient autour de lui. C’est dans le peuple qu’on en rencontre, et tant qu’on veut ; et même de la gaîté ; et même plus que de la gaîté : de la joie. Aujourd’hui, les dollars et les euros que nous possédons sont indirectement convertibles contre de l’immobilier car l’essentiel de la monnaie créée par les banques est justifiée par l’essor du marché immobilier. Car une semblable prévision et la conduite qui en résulte exigent évidemment une profonde connaissance réelle de l’être au sein duquel les volontés se produisent. Les consommateurs du luxe surprennent. Tandis que la moelle transforme les ébranlements reçus en mouvement plus ou moins nécessairement exécuté, le cerveau les met en rapport avec des mécanismes moteurs plus ou moins librement choisis ; mais ce qui s’explique par le cerveau dans nos perceptions, ce sont nos actions commencées, ou préparées, ou suggérées, ce ne sont pas nos perceptions mêmes. Autre chose est un ensemble de changements solidaires, autre chose un système de changements complémentaires, c’est-à-dire coordonnés les uns aux autres de manière à maintenir et même à perfectionner le fonctionnement d’un organe dans des conditions plus compliquées.

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